Esquisses : Refuge n°1

Projet d’installation land art réalisé au cours du 7éme Symposium International d’Intégration en Milieu Naturel (Silly, Belgique, 2012).

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« Depuis plusieurs années, je m’intéresse à la construction mobile d’habitations écologiques ou à  faible impact environnemental. Mes diverses recherches dans ce domaine m’ont permis de développer une expertise dans la réalisation d’habitations avec que des éléments naturels ou très peu transformés.

Ce savoir j’aimerai le concrétiser au sein d’une foret en utilisant uniquement les matières premières du site : branches mortes, terre et végétation.

Mon projet consiste à créer un refuge naturel de petite taille se confondant avec le paysage. Mon objectif n’est pas de rendre ce refuge habitable mais de montrer qu’avec des éléments simples, produit par la nature, il est possible de vivre autrement. » Benoît Moureau.

Ce projet est réalisé avec la complicité de Soulira Kerri qui intervient en tant qu’artiste plasticienne dans l’aménagement des câbles dans le paysage.

« Après un voyage en Chine, j’ai été marquée par la profusion de câbles électriques utilisées à Shanghai. Il s’agit d’une véritable nuée de fils noirs, un ensemble de lignes disposé à la fois de manière organisée et chaotique. Par endroit, la concentration des câbles électriques sature le ciel et empêche toute vision vers l’horizon. 

A d’autre moment, dans cette ville à l’architecture moderne, la végétation envahit les câbles. Les câbles deviennent des guides aux branches des arbres leur permettant de se développer alors que toute croissance au sol est impossible.

Cette expérience m’a permis de réaliser un ensemble de dessins réunis dans un livre auto-édité. Mon projet est de réaliser une installation composée de câbles disposés comme à Shanghai. Cette fois, ce sont les câbles qui envahissent la nature et utilisent les branches et troncs des arbres comme poteaux électriques. » Soulira Kerri (bang-bangdesign.com)

Les interventions individuelles de Soulira Kerri et Benoît Moureau décrivent des démarches a priori opposées. Cependant, elles abordent des aspects critiques communs qui sont ceux de notre société moderne opposant à chaque fois civilisation et nature, consommation de masse et simplicité volontaire, pollution et écologie.

“Contre-courant” titre de l’installation exprime cette dualité : doit-on se conformer à notre société actuelle et accepter l’envahissement de l’espace urbain en milieu naturel ou s’y opposer en proposant d’autres alternatives plus écologiques et durables ? Peut-on encore permettre l’utilisation en masse d’énergie et de matériaux polluants lorsque la nature suffit à répondre à nos besoins ? Ces interrogations ne sont possibles qu’avec la confrontation des travaux des deux artistes mais elles ne s’arrêtent pas là.

Un des problèmes de notre société est de toujours semer le doute entre raison et consommation. L’oeuvre finale pose également se doute en reliant physiquement les câbles au refuge naturel. Les câbles seront reliés au sol au refuge naturel dénonçant l’absurdité de notre civilisation : que font ces câbles là ? A quoi sert le refuge ?